mardi 21 octobre 2008

Poujadisme et grognotitude du mercredi...

Commençons par ces nouvelles séries de taxes déguisées... Taxes qui n'en sont pas, mais qui touchent une nouvelle fois cette France moyenne soupirante et affligée...
* Nouvelles plaques d'immatriculation : + 4 euros en 2009 ;
* Passeports : + 29 euros pour adultes ;
* Passeports : + 15 euros pour les 15-19 ans (pas de raison, faut qu'ils paient aussi les lycéens boutonneux) ;
* Passeports : gratuits avant pour les gosses et les ado, ben ça coutera 20 euros maintenant... ;
* Carte d'identité : + 20 euros en cas de perte...

Puisqu'il ne faut pas parler des augmentations de budget de l'Elysée ou du Sénat, essayons de nous calmer. Ce n'est pas bien grave, finalement... Sauf que... Sauf qu'arrive M. Grenelles de l'environnement, celui qui va faire que la classe moyenne française, celle qui bosse pour pouvoir vivre un peu pas trop mal, va sauver le monde à elle seule...
Culpabilisons nous, braves gens moyens, c'est de notre faute que la planète va mal... Surement pas de celles des industriels ou autres apprentis sorciers...

J'étais déjà pas fan de ce Grenelle que je trouve inique et idéologiquement scandaleux. Faire payer la sauvegarde de la planète par les ménages, je trouve ça idiot. Et malhonnête intellectuellement : disons qu'on a besoin de sous pour les caisses de l'État, qu'on ose pas taxer les riches, les banques à qui on prête 10 milliards, les entreprises, et tous ceux qui se gavent gentiment sans travailler, parce que grand actionnaire ou parce que fils à papa très vieux avant mais très riche...
Disons ça et laissons la planète tranquille, elle est déjà malade, elle n'a pas besoin en plus d'être prise comme alibi... (je vous avais dit : poujadiste et grognon aujourd'hui !)

Principe de pollueur payeur... OK, mais seulement quand on est petit...

Et puis le ponpon de la ponponette, les débats à l'assemblée pour la loi de Finance de 2009. Et, en vrac :
* La prisme transport passe à la trappe (ben oui, pauvres français minables qui prenaient votre voiture pour bosser, le pétrole baisse, donc fermez là) ;
* Mais les sacs plastiques des supermarchés seront taxés (vous savez, les sacs qu'utilisent les moyens gens qui ne passent pas leurs vies au restaurant pour acheter de quoi nourrir leur famille...).

Hier, on trouvait aux banque 10 milliards d'euros...

A ce moment là, autant affligé qu'énervé je suis. Je pense à cette pièce de un euros, édités parle gouvernement, à l'occasion de la crise financière, et de ces nouvelles lois de finance...
C'est vulgaire. Poujadiste, mais j'avais prévenu, pas envie d'être modéré ni raisonnable aujourd'hui. Sans doute l'alerte orange sur mon département qui risque de m'envoyer dans la flotte sur un coup de fil m'annonçant "ça déborde".
Vulgaire sans doute. Mais moins que cet article du Monde qui rapporte qu'un cadre sur deux aurait perdu du pouvoir d'achat en 2007. Un cadre sur deux... Avec en plus, un sentiment extrêmement pessimiste sur un futur qui s'annonce aussi gris que ces gros nuages qui arrivent en ma direction.

Le reste ? Sans doute une mauvaise nuit, des mauvais rêves, expliquent mon énervement du matin. Un pessimisme aussi, personnel, qui ne mérite pas forcément d'être étalé ici... Quoique ce blog m'est aussi un peu "thérapeutique", et me permet de dire ce que je ressens... Ca ne sert à rien, sinon à moi. Mais c'est chez moi, autant faire ce que j'ai envie...
Mais là, mon envie est vraiment de soupirer, de tout envoyer bouler. A quoi ça sert de travailler si c'est pour entendre autant de conneries en provenance d'en haut ? A quoi ça sert de s'engager localement en politique, même en dehors des partis, si c'est pour avoir de tels modèles ?

Et même au haut niveau mondial, quand on entend le FMI juste pour parler des roubignolles et des pistons de son président, quand la sur-puissante commission européenne est muette, y a de quoi désespérer...

Ce ne fait rien avancer de dire cela. Rien. Mais ça soulage, et c'est déjà ça...

Enfin, on parlait bouses... Heureusement qu'il demeure des valeurs refuges en actions. Tout baisse, mais certaines choses restent immuables, ça fait plaisir...
J'avais prévenu. Du populo basique dans ce billet, rien de très fin ni raffiné. Juste une simple critique bétasse et grossière du beauf provincial qui en a marre d'avoir ces genres de sentiments.
Enfin, je rassure mes quelques copines et copains de ouèbes... Non, je n'irai pas voter ce soir Besancenot ou Le Pen. Et je tenterai de revenir à de plus saines et modérées pensées.

Et aujourd'hui, j'espère que Marseille nous jouera la même partition ce soir que celle de Lyon la veille... Mais comme décidément je ne suis pas d'humeur positive... (soupir...)

lundi 20 octobre 2008

Balade du dimanche, vers la petite ile... Reflexions d'un weekend

Le lundi matin a ça de pénible qu'il correspond au lendemain d'un weekend, de fait terminer... Je serais bien resté au lit ce matin. Mais il faut repartir...

Cela fait deux semaines que je propose une petite balade agrémentée de mes réflexions sur tout et sur rien... Continuons. Je suis allé courir hier matin, un froid matin d'Octobre, avec l'appareil photo dans la main, et l'Archos à la ceinture, comme souvent. Promenons nous ensemble dans le jardin de la petite ile, un coin de Roquemaure dans lequel j'aime bien courir...
Le départ, simplement... Début de ma rue. Il faut bien démarrer... Là, par contre, j'avoue : j'ai froid...
En fait, les premières vignes arrivent assez vite. Au bas de ma rue, on voit cette petite parcelle. Je ne sais pas ce qu'elle donne, comme vin. Je pense que le raison doit aller à la coopérative qui se trouve à quelques mètres de là. Mais pour faire de l'AOC ou du table ? Je trouve les vignes bien travaillées en tous cas, ça fait plaisir...

Finalement, je ne cours pas depuis très longtemps... A ce moment là, je ne pense pas grand chose. Sinon qu'il fait vraiment froid, et humide, ce matin... Le soir, la cheminé sera allumée, les beaux parents seront là. Falconette a un enterrement ce matin, une cousine... C'est la vie, comme on dit.
Une vie qui fait qu'aujourd'hui, Soeur Emmanuelle est décédée. La nouvelle qui s'affiche en grand, sur le télex de ma page d'accueil iGoogle. J'annonce la nouvelle au boulot, et ça ne fait sourire personne. Marrant de voir combien le départ de personne qu'on imagine immortelle fait spécial...
Le chemin de la Petite Ile, on y est. A ce moment, j'arrive sur un parcours qui était celui du cross du collège Paul Valéry de Roquemaure, quand j'étais en 5eme je crois. Donc... Donc c'est y a longtemps maintenant, pétard, on vieillit.
J'aime bien venir courir ici, pour une raison assez personnelle. A l'époque de la 5eme, il y a 20 ans (!), j'étais ce petit gros pas sportif pour un sou. Ajoutant à cela bégaiement, boutons sur la figure, appareil dentaire, bref un amusant sujet de moquerie pour les jeunes filles de l'école... Je dis ça en soupirant, mais c'est vrai que j'étais pas bien brillant en un peu tout. Si, je "travaillais bien à l'école", ce qui semblait suffire à papa - maman. Bien à l'école, sauf en sport.

J'aurais du me mettre à courir plus tôt. A l'époque, ce cross du collège, qui mobilisait une après midi complète, était un cauchemar pour moi. Aujourd'hui, je le parcours d'une traite. Il fait parti d'une promenade un peu plus longue, qui englobe aussi un autre cross du collège, celui de ma troisième...
Ce petit morceau de vie passée, continuons la promenade sportive : ne nous refroidissons pas...
Prises 6 mois plus tôt (ou 6 mois plus tard), ces sarments de vignes évoqueraient barbecue, rosé, grillade. Ce jour, ces plus la cheminé qui sera allumée dans quelques heures qui parcourt mon esprit. Qu'il fait froid...

Je cours depuis une dizaine de minutes, mais j'ai toujours aussi froid. Sans doute parce que je me demande si je cours vraiment. C'est vrai, je ne cesse de photographier tout ce qui me tombe sous la main. Et ça sera ça pendant toute cette balade sportive du dimanche matin. A savoir pourquoi est ce que je cours ? Pour courir, simplement ? Ou en préparation d'un billet de blog ? Bonne question...
Tiens, si on parlait un peu économie ? En cette période de crise, j'avais été surpris de ne pas entendre la voix du Fond Monétaire International, et celle de son président Dominique Strauss-Kahn. Et voilà que, d'un coup d'un seul, ce même DSK devient la star politique du weekend... Pour de tristes raisons, qui ne méritent pas forcément d'aller plus loin...
Mais appréciant plutôt DSK, je me suis souvenu de ce que m'avait dit de lui un ami assez haut placé dans l'appareil du Parti Socialiste : "Strauss-Kahn aura du mal à devenir président pour une raison simple : il est extrêmement intelligent, peut être le plus au sein du PS, mais il a un défaut terrifiant : il est dilettante et ne sait pas se faire mal pour aller plus loin... Et sur ce coté là, les Royal, Hollande, Fabius, et consort, sont beaucoup plus coriaces."

Dilettante DSK ? A l'école, on dirait "s'appuie sur ses facilités mais ne travaille pas assez...". Personnellement, je ne me suis jamais considéré "brillant", mais toujours travailleur... D'ailleurs au foot, je n'étais pas Zidane ni Waddle, plutôt un obscur Bruno Germain... Qui se souvient de Bruno Germain ? A Marseille, on s'en rappelle de ce bucheron du milieu du terrain.

Donc DSK trop facile, soit. DSK homme à femmes, on entend depuis que "dans les milieux, ça se savait...". Ah bon ? Yves Bertrand en a peut être parler dans ses notes secrètes publiées un peu de partout...
Et puis une question qui me taraude : que DSK soit un beau gosse qui emballe facilement, outre le fait que ça pourrait rendre jaloux le petit garçon que j'étais qui n'aimais pas le cross du collège en cinquième, qu'est ce que je m'en fous ? Nous sommes en crise financière, et peut être on peut attendre du FMI qu'elle propose des solutions, plutôt que de s'occuper d'affaires de cul.
Impression d'allumer un feu de papier pour cacher l'inefficacité et le manque de percussion de cette institution dans le cadre de cette crise financière... Et cette fatigue, réelle, devant ces gesticulations inutiles. A croire que le FMI n'a que ça à foutre en ce moment : les Islandais vont être drôlement content de savoir que son président apprécie la chair fraiche...

Sans partager les interrogations de Bernard Kouchner, peut être peut on se poser certaines questions, non ?
Quittons Washington et revenons à Roquemaure... Toujours sur le chemin de la Plaine, je passe devant le jardin potager qu'un ami avait acheté il y a deux ans, pour sa retraite... Depuis, il travaille moins ici que dans la mairie du village, village dont il est le chef depuis Mars 2008... Et les tomates et belles courgettes de mon ami Abraracourcix sont bien seules...

Revenons quand même cinq minutes sur la crise financière... Lu ce matin dans le Figaro.fr, le gouvernement qui peine à justifier un budget de crise, et qui ne prend pas en compte cette même crise... Batir un budget mensonger, que l'on sait intenable, c'est le cas depuis combien de temps ? Impression que c'est toujours la même rengaine... A droite comme à gauche, car les années Jospin n'ont pas donné non plus des budgets impeccables...
Ainsi, dixit le journaliste du Figaro, "Eric Woerth ne voit pas de raison de changer le budget"... Bien sur, il fait soleil, les filles sont belles, et il ne se passe rien dans le monde... Sentiment assez terrifiant de ne pas vivre sur la même planète que nos élus tout en haut...

Alors que la loi de programmation de finance 2009 obligera les collectivités à se serrer encore plus la ceinture, et donc à concocter des budgets serrés, très serrés, là haut ne s'inquiète pas. On prépare la relance, nous disent ils avec le plus grand sérieux...
Continuons la foulée en soupirant...
Continuons la foulée, et contemplons les premières rougeurs de l'automne, enfin... Le ciel est gris, toujours. Il commence presque à pleuviner...

Juste le temps de penser aux Etats-Unis, alors que mon Archos me joue du Bruce Springsteen. Colin Powell soutient Barrack Obama. Colin Powell, on peut l'aimer, le détester, il s'agit tout de même d'une grande figure mondiale... Qui a eu le courage de reconnaitre son erreur quant à la présentation de fausses preuves pour justifier la guerre en Irak. Les gens qui reconnaissent leurs erreurs, c'est remarquable.
Colin Powell a conseiller à la sécurité nationale sous Reegan, puis Secrétaire d'Etat sous le sémillant Georges Bush Jr, il parait qu'il a même été pressenti pour être le candidat républicain en 1996', contre Bill Clinton...
Et pourtant, cet homme qui aurait eu un passé avec une sensibilité démocrate déclare qu'il soutient Obama. Je trouve que ça fait drôlement plus classe qu'Eric Besson qui déclare fidélité à Sarkozy... Et j'ai l'impression que, peut être, ça sera un tournant décisif dans la campagne présidentielle américaine.

Pour autant, j'ai l'impression qu'en France, pour tous les spécialistes, médias, politiques, même people, les choses sont déjà jouées outre atlantique. Et qu'Obama est - déjà - président. D'ailleurs, c'est fou ce que tout le monde l'aime, Obama... Perso, je préfère toujours le président David Palmer (qui aura bien aidé Barrack Obama...).
Et je confesse (pardon) que toute cette Obamania me donnerait presque envie d'une victoire de McCain... Simplement parce que cette béatification nationale d'un candidat, certes excellent, m'afflige. "Obama c'est mon copain" clame infantilement le président.. Politiquement, du haut niveau, vraiment...

Enfin, je dis ça... Je ne vote pas aux USA, et sans doute est ce plus intéressant pour la France, et pour le monde, que ça soit Obama plutôt que McCain... Et encore je dis ça, même pas convaincu...
Finalement, même si je ne suis qu'au tiers de mon petit jogging du dimanche matin, ce chat noir qui ne porte pas malheur sera le point final de cette balade. Qu'on continuera le weekend prochain, c'est bien de commencer le weekend par une petite promenade...

Et vivement le weekend prochain...

dimanche 19 octobre 2008

Noir - Lullaby (Marseille, automne, 6 ans)


Restons avec Noir pour passer le dimanche. Dimanche gris et froid dans le sud. J'irai peut être (pas sur) courir un peu ce matin. Mais je serai bien habillé, dehors c'est glacial...
Alors pour une journée d'automne, quand bien même ce soit une journée importante pour moi, une chanson d'automne...

Lullaby, chanson de l'animé Noir, toujours de Yuki Kajiura, et chantée en anglais cette fois. C'est une chanson que je trouve magnifique. Elle me touche. Après, les goûts, les couleurs, les sensations personnelles devant une musique ou un paysage, pas la peine d'écrire dessus des heures... A part être un virtuose de la langue française, ce que je ne suis pas.

Mais disons simplement que cette chanson m'évoque le type de photo ci dessous.Marseille, la Préfecture, pour ceux qui n'ont pas reconnu. Lullaby, ça me donne ce genre d'image en tête. Les rues de Marseille (ça aurait pu être Lyon, c'est Marseille) en automne. Il pleut, et les grandes rues Hausmanienne autour du Vieux Port, les grands boulevard du Prado ou de Sakanini, sous cette grisaille. Ce n'est pas triste, c'est simplement une autre image d'un Marseille. Un Marseille plus calme, plus continental, plus reposé et reposant.
"Lullaby", ceux sont ces images là. Celles du Marseille que je quitte, fin de 2003, parce que la vie professionnelle est difficile, et que le management par la rancune est une méthode comme une autre, fusse t'elle détestable.

Et puis cette chanson, légère, ni triste ni gaie, est parfaite pour évoquer une journée particulière pour moi. Quand bien même pas si envie d'en faire des tonnes...
6 ans, c'est la durée d'un mandat municipal. Aujourd'hui, j'espère qu'il sera reconduit, et un certains nombres de fois.
Il y a des fleurs et un ciel bleu, même derrière les bétons de Tchernobyl. Merci à Falconette de me supporter.

Une belle transition. Ces photos furent les premières prises par Falconette, le jour de l'achat d'un appareil photo tout neuf à la FNAC de Marseille. On remarque encore le sac FNAC... Et on s'amuse avec cette fonction qui vieillit les photos, pas encore les souvenirs...

vendredi 17 octobre 2008

Et si tout ceci n'était que bêtises ?

Belle semaine dans ma modeste maison sur le net… Après une ballade tranquille dans les chemins locaux, deux discussions sur Pétralla et les sifflets de France – Tunisie qui auront attisé quelques dissensions. Pour mon plus grand plaisir : un monde où tout le monde serait d’accord serait d’un ennui…

Et pendant le temps où on soupire sur notre hymne national, on en oublierait presque la crise. Quelque part, c’est tant mieux, car cette crise financière m’afflige tous les jours encore plus. Crise du vent que l’on pensait manipuler à sa guise, avant de se rendre compte que le vent est plus fort que nous, et il s’en va, loin… Crise de ce sable sur lequel certains pensaient s’enrichir, avant de se rendre compte qu’il enfonce les plus imprudents… PPDA avait stigmatisé, dans e toujours excellent « On refait le Monde » d’RTL, cette économie d’échange financier dont seulement 2% était réinjecté dans l’économie réelle. Celle qui produit de la richesse, la vraie, pas celle du sable et du vent.
PPDA n’est pas un affreux gauchiste. Moi non plus.

Mais retour quand même sur la discussion de France – Tunisie. Retour car le sujet me parait à la fois fort intéressant et totalement surdimensionné par rapport à ce qui s’est réellement passé.
D’abord, est ce l’œuf qui fait la poule ou est ce la poule qui fait l’œuf ? Et dans ce cas, qui est responsable ? Doit on critiquer la poule, ou doit on critiquer l’œuf ? Doit on se plaindre de la société française qui est, pour certains, responsable et coupable de ces sifflets (je ne partage pas du tout cet avis), ou doit on blâmer ces haines que l’on a vu dans le stade mardi soir ? Doit on stigmatiser ce qui s’est passé mardi soir, ou soupirer devant le bal des politiques qui s’en est allé dans une surenchère de bêtise, de propositions surjouées, d’amalgames ?

Et revenons une minute sur le terme « amalgame ». Le message de mon copain de blog Tahar est juste quand il nous invite à ne pas faire d’amalgame facile. J’ai rencontré hier, dans mon village, des personnes d’origines tunisienne qui m’ont également avoué avoir été scandalisé, plus que moi sans doute, par ces sifflets et ces mouvements de haine dans les tribunes. Ajoutant de l’eau au moulin de ceux qui pensent que les propos globalisateurs, de Bernard Laporte et d'autres, sont malvenus et maladroits.
Mais dans ce cas, pourquoi accepter les tentatives de justification de ceux qui pensent que la société française, dans son ensemble, est coupable de tous les maux ? l’ensemble du peuple français n’est pas plus raciste ou colonialiste que l’ensemble du peuple tunisien n’est francophobe (peuple tunisien qui n'y est pour rien en plus, puisque c'était des français qui étaient dans le stade...).
C’est pourquoi je trouve assez malvenu les arguments utilisant Sarkozy (à des fins politiques personnelles, tous les moyens sont bons pour taper celui qu’on aime pas, quitte à l’accuser à tort…) comme cause légitimant ces tristes moments pour la concorde nationale. « La France, aimer la ou quitter la », oui, c’est sans doute maladroit. Même si je suis très loin de partager le degrés d'intensité d’indignation de certains. Pour autant, cette phrase ne légitime pas ce qu’on a vu dans le Stade de France.
En ajoutant que lors de France Algérie de fin 2001, Sarkozy n’existait pas trop politiquement. Cela n’a pas empêché, sous un gouvernement de gauche plurielle, l’envahissement du Stade sous un climat détestable.

Mais d’une manière générale, je trouve qu’il est idiot de chercher des explications politiques ou sociologiques à un comportement d’abrutis. Chercher une conscience politique dans un crâne de crétin, c’est une rude entreprise, bon courage à ceux qui veulent grimper la montagne de la bêtise… Je pense qu’on a simplement eu affaire à des gens pas très intelligent, voilà tout.
Essaie t’on de donner une légitimité politique à l’abruti qui insulte le footballeur de couleur dans un stade de foot ? Alors pourquoi essaie t’on de faire ceci chez le crétin qui insulte le drapeau et l’ensemble du peuple français ? Excuse on, en stigmatisant cette vilaine société détestable qui rend les gens cons, celui qui insulte le footballeur Ouaddou ou Kébé ? Alors pourquoi, parce que cela peut arranger nos desseins politiques et aller dans le sens d'une détestation vis à vis de Sarkozy, devrait on excuser les abrutis de France Maroc de l’an passé, ou ceux du France Tunisie de mardi soir ?

J’ai les souvenirs du tournoi Hassan 2 au Maroc, avant la coupe du monde 1998’ et l’Euro 2000. C’était la fête dans le stade. L’accueil était magnifique, le stade était festif. Les gens étaient heureux. Cela donne un argument supplémentaire à ceux qui demandent de ne pas stigmatiser l’ensemble des peuples, de deux cotés de la Méditerranée.

Après, on peut aller plus loin. Essayer de discuter sur le modèle d’intégration à la française. Débattre sur la politique d’immigration du gouvernement, que certains considèrent justes et d’autres iniques et scandaleuse. Réfléchir sur les notions de citoyenneté, de nation et de nationalité...
Mais je crois qu'après tout, nous n'avons eu qu’un simple match de foot, avec des supporters pas très intelligents. Souvenons nous d’Italie France en Septembre 2007, et l’hymne français sifflé par les supporters de la squadra azura. Souvenons nous de France Espagne à la coupe du monde 2006, et les sifflets ibériques pendant la marseillaise. Devons nous cesser de jouer contre ces merveilleuses nations de foot que sont l’Italie et l’Espagne ? Au-delà des Alpes et des Pyrénées, avons-nous affaire à des peuples racistes et francophobes ? Et nous, qu’avons fait à nos amis italiens et espagnols ?
On ne se pose pas toutes ces questions. A juste titre je pense…

Donc revenir calmement sur terre. Ne pas s’auto flageller non plus, parce que personnellement je ne me sens pas responsable de l’envie de violence qu’il y a chez certains de nos compatriotes, et qui se manifestent de la plus connes des manières, au Stade de France ou dans des faits divers.

C’est mon – modeste – point final à une discussion que j’ai trouvé sympa.
Mais en conclusion, si on doit faire une affaire politique chaque fois que des crétins sans cervelles vont montrer leur intelligence durant un match de football, on a pas encore fini… Même si c’est fatiguant la bêtise, n’oublions pas qu’elle n’a pas de conscience politique…

[BETISE] Un peu de morale, pour finir la semaine en souriant

Le vendredi, c'est blague au bureau... Et une, qui m'a été adressée par mon chef de service... J'aime beaucoup, merci bien :)

On fêtait le départ en retraite du curé de la paroisse par un souper d' adieu.
Un politicien local était invité pour donner un bref discours.
Comme il tardait à arriver, le prêtre décide d' énoncer quelques paroles pour passer le temps:
"Ma première impression de la paroisse, je l'ai eue avec la première confession que j' ai eu à écouter. j'ai tout de suite pensé que l' évêque m' avait envoyé dans un lieu terrible, quand la première personne que j'ai reçue à confesse me confia qu'elle avait volé un téléviseur, qu'elle avait volé de l' argent à son père, qu'elle avait aussi volé l'entreprise pour laquelle elle travaillait en plus d'avoir des relations sexuelles avec l' épouse de son supérieur.
A l' occasion, il s'adonnait aussi au trafic de stupéfiants. Et pour terminer, il me confessa qu'il avait transmis une maladie vénérienne à sa propre sœur !" "j'étais atterré, apeuré, mais avec le temps, je connus plus de gens et je m'aperçus que tous n'étaient pas ainsi. J'ai vu une paroisse remplie de gens responsables, avec de bonnes valeurs, croyant en la foi, et c'est pourquoi j'ai vécu les 25 années les plus merveilleuses de mon sacerdoce."

Sur ces mots arrive le politicien, qui prend la parole. Bien sûr, il s' excuse de son retard et commence son discours :
"Jamais je n' oublierai le premier jour de l' arrivée du Père dans notre paroisse... En fait, j'ai eu l'honneur d' être le premier à me confesser à lui..."

Moralité: n' arrivez jamais en retard !!!

mercredi 15 octobre 2008

Ils ont déjà tout dit sur le France - Tunisie de hier soir...

Avec des analyses que l'on peut, ou pas, partager. Et difficile d'ajouter quelque chose de pertinent à ces très bons billets. Citons les.
Mes copains Kiwis-LHCiens par exemple, s'en sont donné à cœur joie. Echec du multiculturalisme pour Chaffouin ? Je ne crois pas, mais son analyse tranduit une véritable colère par rapport à ce qui s'est passé au Stade de France hier soir. Criticus se demande si "la nation française est morte". Le très bon blog de Lolik "Echo Politique" pose la même question. Là encore, il me semble qu'on va trop loin. La réalité d'une nation ne se mesure pas à un match de football, heureusement...
Mais tous, comme mon copain Rubin (jolie rime), expriment une colère alliée à un triste dégout devant ce qui s'est passé hier. La haine. Tous des français, mais hier soir certains ne respectaient pas le drapeaux, l'hymne, les valeurs d'une république en laquelle je crois. Certains ont préféré l'insulte à la fraternité chère à Marie-Ségolène...

Je ne dirais rien de plus que ce qu'on dit mes bons copains de blog, ils sont plus pertinents que moi (et bien mieux classé au classement Wikio, mes liens leur rajouteront des points ^^). Mais quand même...
J'ai été extraordinairement choqué de lire, ci et là, des commentaires politisant ce qu'il s'est passé. Et légitimant les actions de haine et de racisme que l'on a vu hier soir dans le Stade de France en leur donnant une connotation de lutte contre la politique de Sarkozy, et de la droite en général. Réaction qui me parait idiote, et au demeurant franchement dangereuse.
Le racisme n'a pas sa place dans les stades (ni dans des sociétés évoluées). Les fortes émotions suscitées par les saloperies lues en entendues durant la saison dernières (au hasard la banderolle anti-chti, les affaires Ouaddou, Kébé, etc...) étaient logiques et légitimes. Y aura t'il les mêmes mouvements pour demander que les personnes qui ont insulté l'hymne national, et quelque part le pays France, soient fortement sanctionnées ? Cela paraitrait logique, bien que cela n'enlèvera pas les blessures.
Mais je me suis senti insulté. Pas des sentiments bien agréables... Et je trouve les tentatives d'excuses assez vaines, et un peu blessantes. Doit on excuser le racisme et la haine de l'autre ? je ne le pense pas, et dans aucun des cas...

C'est aussi pourquoi, malgré une première lecture trop rapide, j'ai bien apprécié la position de l'ami Romain Blachier, qui stigmatise le "vrombissement haineux" de cette minorité de racistes trop bruyants... Et cet élu socialiste, dont je partage beaucoup de positions (pourtant, il votera la motion Royal, et il est de gauche et moi de droite... ouh faut que je m'interroge moi ^___^), de stigmatiser également, et à juste titre, la mauvaise position de Fillon et consort. Non, ne pas jouer le match, c'est donner le pouvoir à ces abrutis qui ne méritent pas ce respect qu'ils exigent. Sans parler des positions franchement bêtes du pourtant pas idiot Claude Bartolone, ou de l'inénarrable Laporte...

Finalement, heureusement que le très sympathique démocrate lyonnais Tahar a posté un billet qui fait chaud à un cœur triste. Simplement rappeler des valeurs simples, belles. Et simplement rappeler que mettre un coup de pied au cul du gosse qui fait une connerie, ce n'est pas lui manquer de respect.
Et hier soir, y avait des marques de respect qui se perdaient...

Autheuil joue la carte de l'ironie en remarquant que l'Elysée convoque Escalette, président de la FFF, pour l'engueuler et lui demander des comptes sur ces sifflets et mouvement de haine. Comme si ce dernier était responsable de la situation tendue entre différentes cultures à l'intérieur de notre société...
Mais le président de la République reprochera t'il au président de la FFF le blanc seing redonné au triste Raymond Domenech ? Lui reprochera t'il cette victoire de la provocation et de la lâcheté ? Le monde du football n'est vraiment pas en forme. Vraiment pas...
Mais la société française va t'elle mieux ? Pas sur...
Soupir...

Edit 16 Octobre 10h : Jean-Philippe (le Magicien Ox) m'a fait me souvenir de Italie France de Septembre 2007, et d'Espagne France à la Coupe du Monde 2006. La Marseillaise copieusement sifflé par les supporters Espagnols et les Italiens présents dans le stade. Devions nous stopper le match ? Les espagnols et italiens sont ils anti français ? Evidemment que non à ces deux questions.
Essayons de rafraichir un peu nos idées, nos têtes... La réaction à chaud chez moi, le sentiment de me faire insulter. Ne jamais globaliser et faire d'amalgame, alors ne m'amalgamons pas de m'être senti blessé et insulté. Et puis le souvenir d'autres moments, en Coupe du Monde cette fois. Et toujours le même plaisir d'aller en Espagne ou en Italie.
Reprenons nos esprits, compagnons...