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lundi 15 février 2010

Parler de retraites en retournant au boulot...

Marrant comme le calendrier est taquin. Aujourd'hui, je reprend le boulot après un mois d'arrêt maladie. Sur la route, la radio ne me parle que d'une chose. Nicolas Sarkozy reçoit pleins de gens pour parler retraite. Retraite, alors que je reprends le boulot, taquin je dis...

Déjà une première remarque. J'ai l'impression que tous les trois ans, quelqu'un prend la voix sévère pour annoncer que l'heure est grave... Et que si on ne fait rien, la retraite - le système d'assurance maladie (rayez la mention inutile) risque de disparaitre Et donc on sort un plan qui fait mal à certaines catégories personnes (travailleurs du privé hier, public aujourd'hui...).
Et à la fin, après des manifestations et des coups de sangs ici et là, on voit un ministre satisfait dire qu'il a sauvé la retraite - le système d'assurance maladie (rayez la mention inutile), et tout le monde est heureux.
Jusqu'à la prochaine fois où il faudra faire des sacrifices pour sauver la retraite - le système d'assurance maladie (rayez la mention inutile).

Je ne suis pas un naïf. Je suis conscient que la situation est grave. Pas uniquement la retraite. Quand on voit la Grèce en faillite, je me dis que cela pourrait très bien arriver aussi à la France. Oui, cela hérisse certains d'entendre un Aphatie ou un H16 (l'un étant plus connu que l'autre, saurez vous trouver lequel ?) parler des déficits. Mais ce qui fut un des termes de campagne fort de François Bayrou me parait également être essentiel : comment envisager l'avenir alors que les déficits continuent à grossir et grandir ?

Aujourd'hui, les retraites, c'est 10 milliards d'euros en 2010. Et c'est 14 millions de retraités, chiffre qui augmente tous les jours.
Les retraites, c'est aussi des injustices réelles. Des retraites chapeaux qui déclenchent les pires crises de populisme épidermique, aux retraites de l'artisan ou du commerçant de village, qui a bossé toute sa vie 7 jours sur 7 et 15 heures sur 24, pour des pensions de misères.

Les solutions, il n'y en a pas 36. Entre les déclarations dangereusement utopiques de Besancenot et les excès de Laurence Parisot, il semble y avoir des justes milieux.
Pour ma part, je suis très défavorable à des pistes comme la baisse des pensions ou l'augmentation des cotisations du salariés. Est ce que le "candidat du pouvoir d'achat" les explorera plus avant ?
Après, y a la solution qui semble avoir du vent en poupe, allonger la durée de cotisation. Je n'ai jamais cru, pour ma part, au mythe de la retraite à 60 ans. Je suis sorti de l'école à 23 ans, je sais très bien que je ne serai pas à la retraite à 60 ans, si j'y arrive. Pour autant, j'ai conscience d'être un privilégié. Oui, y a du stress, et il faudra bien qu'on le traite un jour sérieusement, le problème du stress au travail.
Il faudra bien traiter également le problème de la pénibilité au travail. Le PS le demande ? Ben il n'a pas tort, l'ensemble des syndicats, même le mien, le demande...

Il y a une dernière piste, mais... Mais en parler fait passer pour un gauchiste, ce que je ne suis pas. Et je me demande pourquoi à droite on refuse d'évoquer ce sujet. Le travail est toujours celui qui est taxé. Celui qui le donne (l'entreprise), celui qui le pratique (le salarié).
Je ne sais pas comment exprimer cela, mais je trouve dommage qu'on évoque jamais le recours à la bourse pour alléger les charges sur le travail. Je suis conscient que cela dépasse le problème des retraites. Aussi le problème de la France. Mais je suis pour ma part très défavorable à des hausses d'impôts, et aux différentes hausses de taxes que pratique assidument le gouvernement. Pourquoi ne pas réfléchir, au niveau européen, à une réglementation de ces échanges boursiers.
Et au fait, la moralisation du capitalisme, cela en est où ?

Nicolas Sarkozy a promis qu'il ne passerait pas en force sur la réforme des retraites. Ca sera bien une première... Il est passé en force sur HADOPI, la suppression de la taxe professionnelle et cette réforme bâclée et centralisatrice des collectivités territoriales, la pub sur France Télévision, la taxe carbone, etc, etc... Mais il ne le fera pas cette fois ci...
Croyons le. Et attendons la suite. Calmement, posément... Sans caricature ni conservatisme, mais avec vigilance quand même...
Que cela ne soit pas encore une fois la classe moyenne qui sauve à elle seule le régime des retraites...

samedi 13 juin 2009

Faible mobilisation syndicale : les urnes ont battu la rue

Hier, c'était jour de manifestation. Si ce n'est les blocage quotidien à l'entrée de mon site pour annoncer la grève du samedi, force est de constater qu'on n'en a bien peu entendu parler, de cette grève. Et le résultat de participation est éloquent : 150000 personnes au grand maximum, ils étaient dix fois plus le mois dernier.
Bon, hier il faisait grand beau. Belle journée pour défiler sans doute. Belle journée également pour rester à coté de la piscine ou de la rivière. Mais surtout, hier était après il y a une semaine. Et il y a une semaine, on votait.

Oui, le 7 Juin, la participation était aussi faible que le 13 Juin pour les syndicats. Mais voilà, ceux qui s'étaient déplacés le 7 Juin ont mis les listes soutenant le gouvernement et le président en tête. Légitimant (en tous cas ne sanctionnant pas) de fait leurs actions.
Donc la rue, oui. Mais après ? Quelle légitimité, quel pouvoir ? J'ai eu l'impression, hier dans les commentaires, qu'il y a avait une sorte de lassitude dans les cortèges, dans les discours. Les bras baissés, et finalement plus de pèche du tout, plus d'essence (qui augmente) dans le moteur.
Et à quelques jours du triomphe romain du Président Soleil (ou Empereur Soleil comme vous voulez), Cette journée d'hier était bien tristounette j'ai trouvé.

Je n'ai pas, personnellement, l'habitude de la rue. Mon logiciel est défini en fonction des urnes et non des pavés, des partis politiques et non des syndicats. Ce qui ne signifie pas que je méprise l'autre : je suis pour ma part syndiqué et j'ai le plus grand respect pour le combat syndical que je juge nécessaire. Peut être je trouve qu'il y a parfois un conservatisme et des positions syndicales frôlant l'indécence, et que certains sujets sont passés à l'as, mais dans l'ensemble je partage ceux qui déplorent le manque de pouvoir et de légitimité des syndicats.
Et je suis assez triste de voir que le message d'hier est inaudible. Cette semaine a été marquée par une campagne sur le stress au travail. Outre le fait que hier il n'était pas question de stress, la faiblesse de syndicats permettra difficilement de lancer un travail global sur le sujet.
Et je ne parle pas de ce scandale Osram : pour avoir refusé de baisser leur salaire, 108 personne se trouvent menacées de licenciement.

Mais voilà, la situation est là. Les urnes ont rendu leurs verdicts. La participation était faible me direz vous ? Ben fallait aller voter, tout simplement. Pour l'UMP, pour un autre parti, mais il fallait aller voter. Le résultat est que les urnes a validé, ou plutôt n'a pas sanctionné, la politique actuelle. Donc acte. Donc descendre dans la rue une semaine après, c'est mal joué.
Donc... Ben donc je ne sais pas quoi penser. Mais je suis très pessimiste. Très...

PS : à lire pour rire... Noel Mamère veut que les verts deviennent la première force de gauche... Lui expliquer que Tapie et Pasqua avant lui ont cru que les européennes permettaient de faire des partis politiques... Et qu'Europe Ecologie n'étant que le mariage de la carpe, du lapin et de la tourterelle, ça parait difficile que les 15 chapelles des verts forment le premier parti de la gauche... Maintenant, le PS est si mal que tout est possible...

samedi 14 février 2009

Les actes comptent plus que les mots (Gandrange, politique, etc...)

Moment de vie, pas le meilleur, mais peut être un des plus marquants. Et où j’ai le plus appris. Moment de déception sentimentale. Fort, dur. La trahison est parmi le pire des maux.
Une amie, très chère. Galac, de Marseille. Je l’appelle toujours Mumuse. Elle me dit, alors que je fais les 1453 pas (je marchais beaucoup) dans son appartement, le verre de whisky à la main droite et le tribule à la main gauche, cette phrase qui me marque toujours, presque 7 ans (déjà), plus tard.
« Petit Faucon, les mots c’est bien. Mais le plus importants, ceux sont les actes. Les actes sont bien plus importants que les mots ».
Ce n’est pas « petit Faucon » qu’elle a employé comme petit nom. Je ne sais plus si c’est celui d’aujourd’hui ou celui d’avant qu’elle employait. Mais qu’importe…
Attention aux mots, ceux sont les actes qui comptent. En amour, c’est on ne peut plus vrai. Certain(e)s sont expert(e)s en beaux et grands mots. Des phrases lyriques et poétiques. La puissance littéraire qui donnent au verbe une force et une grandeur que la science ne pourra jamais égaler...
Sauf que les pierres d’étoile sur les rochers, aussi gracieux soient ils, ne remplacent jamais les actes. Au contraire, quand elles ne sont accompagnées que de vagues d’écumes pleines de vides, elles n’apportent finalement que déceptions au mieux. Parce que le pire, c’est la douleur. Qui demeure longtemps après, tout juste perceptible dès lors que le souvenir effleure l’empreinte de la cicatrice.

Applicable également dans le milieu professionnel, cette maxime. J’ai également essayé d’appliquer cet adage dans mon travail. Souvent été victime aussi de supérieurs hiérarchiques ou manager qui maniaient la langue à merveille. Sans les actes qui viennent derrière. Dans mon mode de management, j’ai toujours essayé de ne jamais mentir, et de ne jamais promettre ce que je savais incapable de tenir. Parce que pas dans mes attributions.
Promettre la lune au mec qui va se lever un cul d’enfer pour se la voir offrir, c’est dangereux. C’est con. Les conséquences sont grandes, dont celle d’une crédibilité et d’une confiance sans lesquels on ne peut rien faire.

Enfin, c'est en politique que les risques de déception sont les plus grands. Le 21 Avril 2002, on l’oublie souvent et toujours, est un des fruits issu de l’arbre de la rancœur et des promesses non tenues. La « fracture sociale » de l’époque. J’avais soutenu Chirac sans avoir l’age de voter. Six mois après, il dit franco de port à Alain Duhamel « je ne pourrais pas tenir mes promesses ». En substance, j’ai bien parlé, mais bon les actes d’amour vous verrez plus tard… Alain Juppé n’y a pas survécu 18 mois plus tard…
Une dissolution et une cohabitation plus tard, Le Pen et un taux d’abstention record viendront rappeler que lorsque les actes ne suivent pas les beaux mots, douloureux sont les maux et les bobos… Oui, ça fait beaucoup de « o » dans la phrase, mais c’est pour dire combien ça fait mal…

2007 et la présidentielle n’auront pas démontré que les leçons ont été retenues. Les deux finalistes ont rivalisé de mots merveilleux. La perdante aura admis quelques semaines plus tard qu’elle avait du mal à croire aux féeriques phrases de sa campagne. Quand au candidat du pouvoir d’achat, il se révèle aujourd’hui un président de crise sans grande marge de manœuvre.

C’est pour cela que le voyage de noce de Nicolas Sarkozy n’aura pas été des plus heureux. Quand au détour d’un hiver 2008, au lendemain de mariage, le président s’en va prêcher des belles et alléchantes promesses à des ouvriers inquiets à Gandrange, il ne peut que s’attendre à récolter plus tard les fruits d’un désenchantement qu’il a lui-même crée. Quelles sont ses marges de manœuvre quand il s’engage, ce jour là, que le site ne fermera pas ? Que les emplois ne seront pas menacés. Quelles sont ses marges de manœuvre ?

Le président Mittal, l’autre, celui qui tient les cordons de la bourse sidérurgique, a d’autres ambitions que le président Sarkozy. Son rôle, à Mittal, n’est pas de créer des emplois. Et lui n’a pas fait de promesses. On peut jouer, de manière convaincante, la saine colère de Ségolène Royal. Tout en louant la capacité de l’ancienne candidate socialiste à s’offusquer : son one woman show de l’automne a vraiment prouvé qu’elle était sans doute la meilleure comédienne de la scène politique française. On repassera pour la sincérité, mais on saluera l'opportunisme de celle qui aujourd'hui veut régler la crise en Outre-Mer. Enfin, on saluera... Ou pas.
Pour revenir à Mittal, on peut être écoeuré du cynisme d’un groupe aux bénéfices record, dont le but est d’aller justement encore plus loin. Fusse t’il au prix de misère dans des familles ici et là dans le monde. Et tout en étant comme moi un bon petit bonhomme de droite, attaché à la valeur du travail et du respect des gens.

Mais on en revient à la première question. Quelle marge de manœuvre pour le Président de la République au moment de ses promesses ? Si elles sont nulles, pourquoi avoir pris ce risque insensé de tenir des promesses irréalisables ? A contrario, si les marges existent, pourquoi une situation bloquée ce jour ?

Le Figaro se fend aujourd’hui d’un article pessimiste pour Nicolas Sarkozy : « Sondage – Nicolas Sarkozy se prépare à des temps difficiles ». Oui, c’est vrai. Mais peut être au départ ne fallait il pas promettre une lune trop haut dans le ciel… Les lendemains sont peut être difficiles pour celui qui a promit, mais encore plus dur pour ceux qui ont cru à ces promesses.

En amour, dans le travail, dans la politique, Jacques Chirac avait théorisé. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient… ». Les conséquences sont désastreuses pour tous au final. Le crétin cocu qui a cru. Et le beau parleur qui a semé la tristesse et la désillusion. Au final, l’arbre qui pousse sur des racines de rancoeurs ne donne jamais de beaux fruits d’abondance. Mais des 21 Avril.

Les mots sont des armes mortelles si les actes ne suivent pas. Mumuse avait raison comme souvent. Il faudrait qu’on écoute plus souvent des gens comme elle, même, et surtout, tout en haut de la pyramide…

lundi 15 décembre 2008

Promenade à Londres... avec des morceaux de Carla et de salariés licenciés pour cause de blog

Il y a un an, j'étais à Londres. Aujourd'hui, il fait froid dehors, très froid. La journée a été dure, très dure. Début de grippe ? Je ne sais pas, mais j'ai froid derrière les yeux, et j'ai mal de partout. Je ne ferai pas de WiiFit ce soir. Mais je ne peux pas de toutes manières... Un bureau du conseil communautaire dont que je "vice préside"...
Et j'ai mal de partout... Donc la balade de ce lundi soir va se faire en marchant difficilement. Les courbatures rendent les jambes lourdes, dures...

Prenons l'avion pour Londres... Et mettons dans notre Archos le Kiss Me Goodbye d'Angela Aki qui m'avait accompagné l'an passé...
Dessous la nappe de nuage se trouve le Royaume Britanique... Le soleil se lève sur l'Angleterre... Mais l'Angleterre ne le verra finalement pas trop aujourd'hui... Nous sommes le 14 décembre 2007, un an exactement.

C'était un cadeau d'anniversaire, ce weekend à Londres. Il se jouait, se week-end avant Noel, un Arsenal - Chelsea qui excitait autant le Royaume que le Manchester United - Liverpool qui se déroulait un peu plus au Nord. J'aime le football anglais, et j'aime l'Angleterre. Que le Général me pardonne...

Notre hotel était dans le quartier de Kessington, à deux pas de la station de Métro Earl Court, et de Stamford Bridge, dans le quartier de Chelsea. De la gare, nous marchions avec valise à roulette et sac à dos. Humant cet air londonnien tellement particulier. Avec les voitures, ces couillones, qui roulaient dans le mauvais sens. Et ces devantures d'épiceries qui semblaient ne proposer que des tas de cholestérols dans une pochette des Beatles.

On passe devant le lycée Charles de Gaulle, et en face cette batisse dont j'ai oublié le nom. Muséum de quelque chose je crois... British peut être. Enfin, joli bâtiment. On marche en direction de l'hôtel, j'ai froid.
En même temps au boulot, on dépouille pour un marché de maitrise d'oeuvre à beaucoup de millions d'euros... Je loupe une journée. Je sais que les timings sont serrés, les objectifs pas évident : il faut contractualiser en Mars qui vient... Finalement, malgré nos efforts, une réorganisation qui passe par là et une consultation qui vient de repartir il y a un peu, un an plus tard... Finalement, j'avais raison d'aller à Londres...

Et puis bon, les retards dans les plannings... On apprend aujourd'hui que la mise en place des nouvelles plaques d'immatriculations est reportée jusqu'au 15 Avril 2008... Mais c'est aussi vrai que ce genre de révolution à deux francs, on peut s'en passer facilement... Il y a des priorités qui étonnent des fois.
Après l'hôtel, rapide lecture dans le métro sur le guide de Londres dûment acheté en France... Je ne connais pas Londres. Mais d'une manière générale, je ne connais rien des villes dans lesquelles je passe mes vacances. Et je ne me documente pas avant. Seulement dans l'avion qui m'amène à destination, comme ça je suis frais comme un saumon. Et de là, on voit...

Ce sera la City au départ. Vendredi midi. On verra des "vrais gens" en cravate qui travaillent. On verra le London Buisiness. Ce à quoi j'ai échappé à la sortie de l'école d'ingénieur, si j'avais par exemple commencé à la Défense à Paris... être un winner en cravate pour qui le demi du midi est le summum de la détente, et la boîte de cadre le soir, avec cocktail onéreux et musique de dingo à 22 heures le soir, représente ce qui fait de plus top. Et puis si tout va bien, peut être trouverais je un coup pour la nuit, qui sait... ?
Finalement, je ne suis qu'un modeste ingénieur dans le Gard. Petit village en bord du Rhône, entouré de vignes et de tous mes souvenirs. Un petit mandat local aussi, une petite femme gentille qui fait bien les crêpes, petite maison avec cave et jardin. Il ne me manque plus que le chien et les mistons, et la caricature peut être mise sous gouache...
Caricature contre caricature : je ne suis pas un salary-man de la Défense ou de la City, et je ne le regrette pas...

Enfin, quand mes bras se pose sur les rambardes de mes ponts sur le Rhône, je ne vois pas cette vue typiquement londonienne. Gris, avec le Tower Bridge en fond. Quelque part, quand je passe sur la Seine, la Loire (ou la Tamise), un constat toujours bête... Que j'aime le Rhône, que j'aime ce fleuve.

La City, coeur d'affaire de Londres. Où la modernité, parfois tapageuse à la limite de l'indécence ou du mauvais goût, cohabite avec la tradition, le vieux Londres. Cela aura été la première partie du séjour, la City. Je crois que, à cause du froid ou du dépaysement radical, cela aura été l'endroit que j'ai préféré de Londres. Plus que les traditionnels Buckingham ou Westminster.
Peut être, là encore, parce que je peux plus facilement m'identifier à ces jeunes hommes d'affaire en cravate et dents de loup qu'aux bons sujets de la couronne ou aux Lords...

Ce genre de billet me donne l'occasion d'aussi me balader dans les tortueux méandres de mon esprit... De la City, passer à Michelin et aux blogs. Comme ce salarié de Michelin licencié pour avoir critiqué son entreprise sur le net.
Il y a sujet à discussion. Je fais confiance à Eric Mainville pour en écrire un pertinent billet sur le sujet assez vite. Mais là encore, comment ne pas se sentir concerné par ce genre d'aventure, qui pourrait nous arriver à tous quelque part. Car sur le net, on laisse tellement de traces...
Quand j'évoque le management par la peur, ou un entretien annuel qui se passe mal, ne suis je pas dans ce cas de figure ?
Pour autant, et quand bien même la décision de licenciement de Michelin est ridicule, scandaleuse, et finalement porteuse d'une image pire que celle d'un salarié qui se plaint sur un média, peut être peut on avoir une position mesuré sur ce qu'est l'outil Internet. Michelin demande à son salarié d'être loyal, et je ne vois pas ce qu'il y a de scandaleux dans ça.
Quand j'ai une personne dont je suis supérieur hiérarchique, je lui demande un devoir de loyauté. Le même que je m'applique vis à vis de mes supérieurs et collègues de travail. Parce que sans ça, impossible d'avancer si le risque de se faire mordre par la vipère qu'on accueille en son sein est trop fort. Loyauté ne signifie pas servitude ou sujétion. Cela ne signifie pas censure. Mais ça signifie aussi un peu respect. Et dire les choses dans le cadre, dans les règles.

Maintenant, le cas Michelin est le cas extrême. Ridiculement extrême. Un commentaire dans un forum, et le licenciement qui arrive de suite... C'est sur qu'en ce moment, le gouvernement qui impose au président de France Télévision de mettre en place hic et nunc une réforme pas encore votée (et en laquelle lui même ne croit pas) démontre que le temps n'est plus à la discussion, au respect de chacun. Mais aux décisions tranchées, sans concertation, un peu dictatoriale par moment. Et finalement l'excessive réaction de Michelin n'est qu'une feuille morte qui se mouve dans un air du temps pas des plus agréables...
Et qui ne donne que plus de raison à ce management par la peur du 8 Janvier 2008...

On revient à Londres. Dans le Centre. La nuit tombe, il est 15 heures...
On est à deux pas de Soho, de Covent Garden, de Piccadily.

Je n'étais venu qu'une fois à Londres avant. En Mai 1992. Voyage scolaire. Je ne me souviens que d'une chaleur étouffante. Je me souviens aussi de mes copains d'enfance, j'en revois encore pas mal finalement. J'étais jeune con (gros et pas beau en plus), et Londres me paraissait immense. Je n'ai pas retrouvé l'an passé la vision que j'avais à 14 ans.

Finalement, j'aurais connu Londres avant Paris.
La National Galery de nuit. On vient de manger un Fish & Chip. Un pub au centre de Londres qu'on a eu tous le mal du monde à trouver : il y a peu de pubs traditionnels à Londres finalement ! Et quand on en trouve un, triste de ne se voir proposer en bière que de l'Heineken, 1664 ou encore Amstel... J'ai pris une Guiness, bon mais d'un classique triste.
Un constat quand même... Si les bières sont finalement les mêmes qu'on trouve dans le petit bar local franchouillard, les prix à Londres demeurent plus élevés qu'à Avignon...

Et un constat déjà. Deux jours et demi à Londres, c'est peu. C'est très peu. Cinq jours à Rome par contre, quand on est assez incultivé, c'est beaucoup.
La samedi matin, il faisait des températures au dessous de 0°C. A Saint James Park, outre des canards, nous voyons courir en petite tenue des joggueurs un peu fou. En ce moment, je cours avec quatre épaisseurs, plus bonnet, gants, pantalon et grosses chaussettes...

Big Ben nous salue bien bas, une grande roue qui domine la ville. Bref, samedi midi à Londres, avant d'aller se perdre dans les rues d'un Soho bourré de monde. Une grande ville avant Noël...

D'ailleurs, à ce moment là du billet, si mon mal de crane ne me donnait pas envie de mettre fin à l'exercice (je le sens mal le bureau de ce soir... j'espère au moins que mon toubib sera là), je parlerai avec le talent d'éléphant qui tape sur un clavier, du "temps qui passe". Parce que c'était y a un an, et j'ai l'impression que c'était hier. D'ailleurs, j'ai l'impression que 2008 n'est pas passé. Alors que j'ai été élu à Roquemaure, la France a été ridicule à l'Euro, mais Domenech et Escalettes en ont été récompensés, y a eu la crise, un été à Bayonne, mais... Mais impression que 2008 n'a jamais eu lieu.
Je m'inquiète un peu quand même : si à 31 ans tout me parait aller vite, qu'en sera t'il à 50 ans... Dois je commencer à me soucier de mes obsèques et des études de mes petits enfants que je n'ai pas encore ?
Au lieu de dire des conneries, finissons la balade. Qui sera un peu parti dans tous les sens. Pas ma plus réussie, cette balade à Londres. Dans les résolutions pour 2009, il y aura de ne pas bloggueur en début de fièvre. Et d'essayer de faire un peu moins de billet inutile : pauvre bande passante qui n'a rien demandé...

Nous avons eu plus haut les Champs Elysées londoniens qui nous amènent de Westminster à Trafalgar Square. Pensée émue à Serge Lam... euh Napoléon. Je me souviens d'une manifestation particulière, celle des papas Noel. Une vidéo à youtubiser au plus vite, c'était amusant... Nous sommes samedi après midi.
Là encore, la nuit tombera à 15 heures, parce que c'est comme ça là bas. Nous traverserons la foule consommatrice à Piccadilly et Soho. Nous verrons Notting Hill, c'est joli comme tout Notting Hill, ces petites brocantes. Et le soir, après une balade dans un cyber-café pour mon appel de Londres, retour dans un pub. Plus près de l'hôtel cette fois.

Le dimanche, ça sera balade vers Tower Bridge et les tours de Londres. Pour finir dans la grande roue...

Au même moment, à Paris, Nicolas et Carla s'affichent... Guy Birenbaum nous demande ce que nous faisions le 15 décembre 2007 ? Ben je me demandais justement ce que devenait mon bon Président, puisque trois jours sans en entendre parler, ça fait peur. J'aurais été servi une fois rentré en France...
Quand je dis que la politique à l'ancienne, celle de Jacques et Bernadette, de François Mitterand, mais aussi de Juppé, Pasqua, Fabius, Jospin, me manque, cela n'est pas un vain mot. Quand je vois que les finalistes de la dernière présidentielle côtoient ceux de la Star Académy sur Public et Closer, cela me désole. Et pas la peine d'aller chez mon copain Rimbus pour avoir de sérieuses réserves sur Rachida Dati. Marylise Lebranchu était de gauche, et ne se mettait pas en bikini dans Gala, mais je la pense plus convaincante garde des sceaux que la (ex ?) reine des peoples...

La promenade s'achèvera le soir. Marseille ira tenir Bordeaux en échec à Chaban-Delmas. Franck Sauzée n'aura pas commenté le match, il était dans l'avion le siège derrière moi (j'adore Franck Sauzée...).

C'était y a un an. C'était bien finalement...



mardi 2 décembre 2008

Le Ticket Psy en entreprise...

Balade, tout à l'heure, sur le très bon site Cadremploi… non, le bon ingénieur que je suis ne cherche pas un autre boulot, mais il aime bien se renseigner et s’informer sur la vie professionnelle de ses copains et collègues cadres d’entreprise… Bon, le tableau dépeint en ce moment, même chez les sites et publications les plus dynamiques, les plus « soyons cadres winners », est assez grisâtre. Et il correspond assez bien à la vision flétrie et morose qui est la mienne en ce moment.
Winner, mais pas trop en fait…

Et là, j’ai lu billet que je trouve effrayant de cynisme : « le ticket Psy ». Le billet commence comme suit : « Après les bons vieux « tickets resto » et « chèques vacances », les salariés vont pouvoir dépenser des « Tickets Psy ». (…) Grâce à ce sésame, le salarié qui a mal à son moi va s’allonger sur un divan et, à la fin de la séance d’une heure, il règle les 90 euros de la consultation avec son ticket. Son entreprise prend en charge une partie du carnet de 5 coupons qu’il aura pris soin de retirer auprès de sa DRH, de son comité d’entreprise ou de son médecin du travail, c’est selon… ».

J’aime bien le site Cadremploi. Il n’est pas sectaire et hypocrite dans sa vision du travail. Ce n’est pas celle que l’on donne à l’école d’ingénieur, on qu’on « se donne » en entretien d’embauche, ou entre jeunes collègues et/ou confrères de boulot aux dents longues. Celui du jeune cadre qui « veut s’épanouir au boulot, tout casser, et patati et patata ». Le jeune winner qui veut tout manger, et qui pense que le boulot, c’est la vie.
Non, ce n’est pas ça, surtout quand, comme le stipule le billet de Cadremploi, la « violence au travail, le mal être au travail, l’organisation du travail (absence de contrôle sur le répartition et la planification des tâches, imprécisions des missions, exigences contradictoires, mauvaise communication, flux tendus, incompatibilité des horaires de travail avec la vie sociale et familiale, précarité du statut, etc.) peuvent altérer la santé du salarié…». Si la vie n’était que l’entreprise et sa profession, elle serait, pour beaucoup, difficilement vivable.
En allant un peu plus loin, le billet omet de parler des relations humaines parfois détestables sur le lieu de travail, et le manque de reconnaissance de la part d’une hiérarchie qui ne partage pas forcément les mêmes objectifs que soit…

Mais « Ticket Psy » ? 90 euros pour l’entreprise, c’est donné s’amuse Cadremploi. Avec l'ironie de ceux qui savent le cynisme incroyable, voire difficilement acceptable, d'une telle mesure "sociale". Finalement, peut être y a-t-il un autre moyen que 90 euros pour éviter d’avoir des salariés cadres (et autres remarque, cela s’applique à d’autres endroits…) bon à jeter à la poubelle après une fatigue physique et morale… Revoir les conditions de travail, psychologique aussi. Car combien se sont fait bouffés par cette activité qui n’est pas un plaisir, simplement ce moyen le plus légal et plus efficace que l’on a de gagner décemment sa vie, sa nourriture, son logement ?
Si les élections prud’hommale de demain n’ont que pour seul résultat de permettre la généralisation de ce ticket Psy, cela serait navrant…

C’est peut être le froid de décembre qui me rend sensible à ce type d’article. Même si en ce moment la vie professionnelle m’est assez désagréable, quand bien même elle me permet de prévoir financièrement la fin de l’année avec une sérénité que beaucoup n’ont pas, je sais que je n’ai pas à me plaindre. Même si je me plains, même si le management par la rancune dont je suis un peu une nouvelle fois l’objet m’est difficile. Encore entretiens annuels à la fin de la semaine qui ne me seront pas favorables, mais je ne suis pas à plaindre, une fois de plus. J’ai un bureau chauffé, un travail pas désagréable, du temps libre. Bref, heureux.
Mais beaucoup d’autres, cadres aussi, n’ont pas cette chance. Et un salaire correct n’excuse pas une fatigue morale, induite par des comportements hiérarchiques parfois douteux. Et un cynisme de « tout en haut » que la somme de 90 euros pour des « tickets Psy » n’exonère par de responsabilités…

Après, si on vient sur le sujet politique, je crois que c’est très libéral, justement, de tout mettre en œuvre pour que le « travailleur », ou « l’être humain salarié », puisse donner le meilleur de lui-même. Et ce n’est pas ni en lui mettant un révolver sur ta tempe, ni en le pressurisant, encore moins en le méprisant et en l’épuisant, qu’on y arrive.
Et un salarié qui donne le meilleurs de lui-même, c’est bon pour l’entreprise parait il. Et excellent pour le manager qui en a la charge. C’est un management en tirant tout le monde par le haut, et pas par le médiocre.

Et je ne sais pas si le ticket Psy permet à tout le monde de s’élever, de se « tirer par le haut ». Je ne sais pas…
Presque immoral et indécent je trouve… Mais certains n’en ont que faire. C’est dommage… C’est effrayant. Je trouve.

mercredi 19 novembre 2008

Tibre & Travestere... Soupirs en différé

Je serai bien loin du Tibre romain quand apparaitra ce billet sur Blogger... Quelque part à Cherbourg, à préparer un départ pour Manosque...
Je ne sais pas si le ciel sera aussi bleu et chaud qu'un automne à Rome... Les rares expériences que j'ai de Cherbourg, c'était quand j'allais installer des appareils de mesure dans la centrale nucléaire de Flamanville... Et à chaque fois, je ne voyais rien d'autre que le froid brouillard, presque une caricature, qui cachait la vue du ciel et de l'horizon...

Je serai donc à Cherbourg quand apparaitra ce billet. Je ne sais pas si j'aurais accès à une borne WiFI quelque part dans la ville... Je ne sais pas si l'hotel sera équipé. Je ne sais rien...

Mais comme je n'ai pas envie de laisser le blog sans rien, un billet en différé... Pour quelques images... Quelques images et une chanson que j'aime bien quand je suis loin de chez moi.
Je n'ai jamais eu le bonheur de voir la comédie musicale "Napoléon", par Serge Lama. Je confesse, j'adore Serge Lama. Napoléon, je connais beaucoup moins, mais c'est de l'histoire. Histoire de France, donc ça m'intéresse, évidemment.
Mais j'adore les chansons de cette comédie musicale. Et j'imagine que Lama en Napoléon doit être plus percutant qu'un Christian Clavier par exemple, quand bien même ce dernier fut un efficace Napoléon sur France 2...

Cette chanson, "Lettre à Joséphine", est pour moi une des plus belles chansons d'amour du répertoire de Serge Lama. Pour tout ce qui se rapporte à cette dernière... Après, on peut discuter, disserter, polémiquer, sur Napoléon. Ca se fera sans moi, je ne connais pas suffisamment cette période, et puis ce n'est pas le but du billet.
Ni de cette chanson, que j'écoute ce soir à 1038 km de chez moi, et de la chouette et agréable cuisine de Falconette (compagnie aussi ^^).
Les photos qui illustrent cette promenade du jour proviennent une nouvelle fois de Rome, début Novembre. On a quitté le Vatican, et on longe le Tibre. Par moment, cette rivière m'aura évoqué le Rhône qui traverse Lyon et baigne mon village.
Ensuite, le Travestere, que l'on avait commencé à parcourir la semaine dernière... Les images que j'affiche aujourd'hui représentent un Travestere moins populaire. Et un Rome plus brillant, plus majestueux, fait d'églises et de bâtiments nationaux. Ce qui rend Rome plus proche d'un musée géant que d'une cité de vie.

Après, c'est vrai qu'à part ces quelques images de fleuve et d'églises, je confesse ne pas avoir grand chose à dire... Le Marseille - Lorient de samedi me reste autant à travers la gorge que la longue et triste période stéphanoise. Et, à priori, je peux écrire sur ces tristes sentiments d'être loin de chez moi...
Dans deux jours, le Côte du Rhône Primeur sera dévoilé (la veille des 4 ans de mon blog...), et je ne pourrais fêter de sympathique moment. Ca parait évident que je m'en remettrai sans grande difficulté. Et même si ce déplacement m'ennuie, même si cette formation me fatigue un peu, je suis aussi bien là, loin du bureau, que dans les mélasses professionnelles actuelles, dans lesquelles je me débats sans grande réussite...

Après, Cherbourg, c'est pas Rome, c'est sur... Mais bon, il faut travailler, un peu, aussi, des fois...
Je ne sais pas si la situation au Parti Socialiste sera plus claire quand paraitra ce billet... Mais bon, rien ne sert d'en parler. Pas un billet politique. Sinon que j'ai trouvé Aubry et Hamon assez percutants à la tribune, ce dimanche matin... Hamon surtout, qui a réussi, quelque part, à presque émouvoir l'homme de droite que je suis. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas trouvé chez lui cette agressivité gratuite et un peu détestable que je lui trouve habituellement... Non, bien...

Enfin, ce n'est pas un billet politique celui là. Du moins pas dans cette catégorie. Je profiterai, je pense, de la période d'absence pour travailler sur le tag que m'a transmis la gentille Dominique... Ben oui, si je ne veux pas mourir de milles morts comme promettent les textes, si je brise la chaine (mon Dieu...).

Mais pour l'instant, je suis loin. Je ne sais pas si le ciel de Cherbourg sera pareil à celui de Rome...

Ce message apparaitra donc mardi. Pendant que je visiterai le musée de la mer... D'ici là, peut être aurais je compris pourquoi Napoléon a sa statue en terre Cherbourgeoise ;-)



PS : il doit y avoir grève SNCF ce mercredi... Euh... Je rentre comment dans le Sud moi ? ^___^ (petit cheminot où es tu ? petit cheminot, pense à moi...)

vendredi 14 novembre 2008

This love (Angela Aki) + frigidaire & sincéritude


j'ai déjà souvent parlé de la chanteuse Angela Aki. Je me suis même mis 'fan' sur un groupe de Facebook, c'est dingue, je deviens jeune tout plein moi...
J'ai trouvé, sur le chic Youtube, un extrait live de sa chanson "This Love", qui eu servi de générique de fin pour l'excellent animé Blood+. Regardé en décembre 2006', moment de transition professionnelle pour moi. Et assez bon souvenir finalement...

Après un passage vers mon frigidaire, je remarque que ce merveilleux outil ne sert pas à une conservation trop longue... Si on veut garder pour plus longtemps, on utilise un congélateur. Non, un frigidaire, c'est bien si on veut mettre une candidature en sommeil, pour une présidence de parti politique de gauche, pendant un petit moment. Juste le temps de mettre en avant des Maires de Lyon et autre personnes hautement respectable, prendre la tête de quelques pourcents, et ressortir donc du frigidaire ce que l'on avait mis quelques jours auparavant.
De la grande politique en sommes. De la grande...

Puis on quitte Reims pour revenir dans le Gard. Le temps d'un weekend, je serai la semaine prochaine entre Cherbourg et Manosque... La Manche au début de semaine, les bords de la Durance à la fin. Avec au milieu, parce qu'il est écrit que je vais en chier cette semaine, une grève de la SNCF... Louper le Liverpool - Marseille qui passera sur Foot + m'emmerde moins que de me savoir fatalement privé de net pendant une semaine... Puis être privé de personne que j'aime bien pendant une semaine, pour des activités professionnelles qui, en ce moment, m'épuisent (pour ne pas être grossier...)
Et dire que mon entretien annuel de hier n'a pas eu lieu... Soupir... Moment où vraiment on a envie de pas grand chose...

Alors on est un peu comme la copine Hypos. Petit moment de déprime, qui ne repose sur rien de bien concret, sinon sur une fatigue physique et morale. Les deux à la fois.
Et on va chez sa grand copine Rosa... On vient de recevoir l'annuaire 2009 de mon école d'ingénieur. Je suis en gras dans la page 'promo 2000', et M. Rosa l'est sur une promotion un peu plus lointaine...
Et surtout, on soupire d'empathie devant le billet du jour de Rosa. Un billet plein d'une sensibilité dont on se sent proche... J'aurais voulu mettre un lien hypertexte, mais il aurait renvoyé sur un blog dont nous sommes pratiquement tous "interdit" d'y aller... Une ancienne amie vis à vis de qui le temps qui passe, et certains évènements, m'ont été très préjudiciable... Balladur est passé très vite du statut de favori à celui de pestiféré : j'aurais été balladurisé dans le cœur d'une chère personne, rien de très agréable...
Et c'est ce genre de chose qui font que peut être, comme me le dit Rosa, mon blog n'est "pas que politique", pour revenir sur une discussion de plus haut.

Parce que mine de rien, des choses, beaucoup, me touche. Même si elles ne sont que virtuelle. Les interpellations de certaines personnes qu'on apprécie, les tacles parfois gratuits et idiots. Et surtout, quand la vie personnelle fait que nos blogs et nos pseudos deviennent des armes pour faire mal à l'autre. Je n'arrive pas à passer outre ce genre de chose. J'y arriverai peut être, mais visiblement pas de sitot.
Oui, c'est très con. Et c'est totalement inintéressant comparé à l'avenir de la France de gauche qui se joue à Reims... Désolé, fallait pas passer chez le Faucon ce samedi matin.

C'était un simple billet du weekend, pour mettre en avant une chanson japonaise que j'aime bien. Une culture que j'aime vraiment beaucoup. Et pour discuter, un peu. Pendant une semaine, je serai bien silencieux et absent. Je ne sais pas si je mettrai mon blog en modération, est ce bien la peine ?
Bon weekend à tous... Suivons ce qui se passe à Reims avec intérêt. Et à Marseille et Lyon aussi, ça devrait être un joli weekend de football...

mercredi 17 septembre 2008

Parler de tout et de rien un mercredi soir : salade de mes modestes pensées

Une petite musique qui vient de passer à l'instant sur mon Winamp, pour illustrer le billet du jour. Billet fait de lectures diverses sur le site du Monde.fr, essentiellement. Parce que ça faisait longtemps que je n'avais pas pris cinq minutes pour lire un peu la presse, en papier et sur le net. Et que j'ai pleins de petites réflexions ici et là, que je vais essayer de poser dans un billet fouilli et décousu. Triste marque de fabrique ? Sans doute...
La musique quand même... Tirée du - vieux - dessin animé Ayashi no Ceres. Les filles adoreront ce shojo un peu cucu la praline et mielleux avec pleins de bons sentiments. Je me souviens l'avoir regardé en 2004, alors que je faisais souvent des déplacements en train pour le boulot, un boulot qui m'a donné des sacrés maux de ventre. Quand j'écoute ces musiques, ma nostalgie repart à pleins tubes. Rien à rajouter...

Ancien boulot, justement... Une interview du Monde.fr, sobrement titrée "le stress au travail est lié au mode de management actuel". J'ai aimé lire cet article, en tant que cadre salarié, en tant aussi que manager, bien que modeste. Manager dans le cadre de mes activités professionnelles, mais aussi de mon mandat électif.
J'avais parlé ci et là du "management par la peur" ou du "management par la rancune"... Je pense que ces deux modes de fonctionnement sont de plus en plus présents dans la société. Je me bats contre ces deux modes, y compris face à des amis qui n'ont pas compris qu'on pouvait tirer le meilleurs de l'arbre sans forcément mettre une tronçonneuse à coté de lui, bien en vue...
J'écrirai, plus tard parce que là pas envie (trop fraiches certaines choses). J'écrirai, mais avec la casquette de celui qui 'est le chef'. Chef naïf sans doute, mais qui peut se targuer de quelques résultats, qu'il n'aurait pu obtenir en manageant de manière autoritaire et injustement dictatoriale...

Et j'écrirai aussi en tant que cadre salarié, en citant cet article cyniquement vrai et cruellement proche d'une réalité taboue : "cadres : la comédie du bonheur". Tout est dans le titre...

A coté de ça, parler de politique devient presque ridicule. Mais cela m'est toujours énervant de voir pulluler des taxes nouvelles et totalement ridicules, de la part d'un gouvernement normalement 'de droite', dont une des valeurs directrices serait de modérer celle ci, par une gestion plus rigoureuse et efficace de l'argent public.
Le RSA est une bonne idée, le financement qui en découle est scandaleux. Maintenant, on parle de plafonnement des niches fiscales. Merveilleuse idée, mais quelles niches seront plafonnées ? Celles qui permettent aux plus riches et aux amis des amis d'être non imposable, ou celles qui permettent au français moyen qui bosse d'être un peu moins étouffé quand arrive la fin de l'été ? "Usine à gaz" est le terme qui ressort le mieux de cet article du Monde, encore dommage...

Et encore à coté de ça, la politicaillerie ridicule et insupportable continue de plus belle. Avant les sénatoriales de ce weekend, qui restent pour moi l'incarnation même de ces jeux politiques d'appareil qui amènent, un beau jour, Jean Marie le Pen au deuxième tour d'une élection présidentielle...
A gauche, bien sur, les chicaneries du congrès du PS. Mes copains bloggueurs politiques, influents ou pas, en parlent mieux que moi. Et comme je ne suis pas socialiste, normalement, je devrais m'en foutre...
A droite, au gouvernement en tous cas, on redécoupe la carte électorale. Bien sur à gauche on crie à la manœuvre, sans se souvenir que la dernière fois où ma droite a voulu jouer avec les règles du jeu, c'était avant les régionales de 2004 : elle n'a gardé que deux régions...

Je n'ai pas forcément d'avis sur ce redécoupage. Que des députés aient "plus de poids" que d'autres me semble inévitable. Et le Gard devrait gagner un député... Non, mais cela me met une nouvelle fois à l'évidence que le pouvoir politique, en ce moment, semble plus occupé par son nombril et ses jeux d'appareil, que par les problèmes bassement et vilainement matériel qui semblent occuper les nuits des français.
Oui, c'est poujadiste ce que j'écris. Mais ce soir, où j'ai froid et où mes patates ne sont pas montées plus haut que lundi soir, j'ai envie... De l'écrire...

Bien que j'ai envie d'un peu d'optimisme. Les américains, libéraux à l'extrême, ont montré que le pragmatisme et le bon sens pouvaient permettre une gestion pas trop mauvaise... Même si on pourrait parler longuement des causes de cette crise financière. Tant que l'économie sera dirigée par les financiers, et non par ceux qui produisent et crée les richesses, les vraies, les palpables, des Enron et autre Lehman Brothers continueront à émerger. Sur une économies non plus du concret, mais sur celle du totalement abstrait : je n'aime pas ce capitalisme qui repose sur un sable bancaire qui ne tient pas dans la main...

J'aurais parlé de tout et de n'importe quoi avant ma réunion en Mairie ce soir... Mais puis je ne pas parler du Marseille - Liverpool de hier soir ? L'Equipe du jour titre : "l'OM méritait mieux". Rien à rajouter, juste à soupirer. Et à féliciter le buteur capitaine de l'OM, Lorik Cana, et sa déclaration d'après match 'je veux des places moins chères !'.
Et souhaiter bonne chance à Lyon et aux autres clubs français, qui prendront la coupe même de l'UEFA au sérieux, j'espère, cette fois... (soupir)

PS : est ce normal que le site snapdrive.net ait supprimé toutes mes musiques ? Mon blog sera bien triste... Vive Deezer... (soupir...)

mardi 9 septembre 2008

Tout n'est pas toujours drole, ni original... Quelques soupirs diffus

Bloguer original j'avais dit... Certes, il ne se passe pas toujours des choses formidables sur les blogs (merci Eric ^^), et je ne serai pas très original dans mon soupir du jour. Mais parfois, encore moins formidables sont les choses qui se passent à la télévision...

Dominique a repris l'information qui m'a fait tomber les bras par terre... Jean-Marie Bigard qui nous la joue conspiration, évoquant le triste 11 Septembre... Après Marion Cotillard, c'est lui, que j'aime bien en plus, qui nous la joue n'importe quoi. Ca ne me fait pas rire, non. Il sera moqué, à juste titre. J'adore X Files, dont la première saison égaye en ce moment nos gentilles soirée... Mais le "on nous cache tout on nous dit rien" est parfois d'une tristesse...

Après, le reste, rien de bien original. Cette nouvelle eut fini de me ruiner une journée pas forcément marrante hier. Pourtant, tout allait bien : Sarkozy faisait une hausse spectaculaire dans les sondages ! la crise géorgienne, et le talent allié à la crédibilité de l'opposition, faisait le reste... Soupir.
Pourtant, la bourse de Paris a fait un bond merveilleux ! Chic, mon placement "bon père de famille", nouvellement taxé pour financer le RSA, perdra un peu moins d'argent... Pourtant, on pourra prendre le train chez Air France. Amusant je trouve, drôle mais pas trop.

Quelques soupirs trouvés ici et là, hier. Et un dernier truc, que j'ai ni triste, ni gai, mais quand même. Les chroniques de Stéphane Bern dans la Tribune de Genève, que j'apprécie de lire (j'aime ... non rien). Là, il parle à nos amis du chocolat de Rachida Dati qui a un gros ventre. Original ça aussi, tiens...
Juste un mot sur Stéphane Bern quand même : ses "Secrets d'histoires" sont vraiment une bonne et belle émission... A priori défavorable au début, mais belle surprise, je les espère à nouveau cette saison.

Quelques soupirs envoyés alors que je suis en ce moment en formation... J'ai vu y a pas longtemps que Blogger permettait d'envoyer des billets en différé. Amusant (quoique). Pendant que j'apprends les bases de la physique atomique et nucléaire (ne rigolez pas svp, je pige rien...), mon petit blog s'alimente tout seul. Comme un grand, adulte responsable...
Et pendant ce temps, je soupire dans une salle de cours d'un château gardois. Une chose de drôle et originale, peut être ?

jeudi 24 juillet 2008

Soupir du cadre qui vieillit, sans plus beaucoup d'illusions...

A droite, une photo de ma chambre d'hotel lorsque j'allais à la Centrale du Blayais. La Citadelle de Blayes est un magnifique hôtel qui accueillait le sous-traitant ("prestataire" comme on est appelé...) que j'étais. Ceux qui sont vilipendés par le pas forcément toujours très pertinent Borloo...

Nous sommes bien d'accord... La vue sur la piscine et sur l'estuaire de cette belle Gironde chère à Alayia évoquent les vacances... Elles me manquent, ces vacances... Et je passe plus de temps, en ce moment, sur les sites de voyage qui sur mes dossiers en cours...
Mais cette photo m'évoquent aussi le cadre jeune que j'étais, qui a fini 2005 en lambeau, et qui a du se résoudre à demander le soutien à un syndicat.
Je suis conscient d'être un privilégié aujourd'hui. Mais le cadre, jeune et déjà désabusé, que j'étais, aurait adoré écrire la lettre de la CGC suite au projet de loi sur le temps de travail...

Lettre que je copie - colle, je la trouve très belle...

Monsieur le Président,
« Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps… »

J’apprécie au plus haut point la fidélité à vos engagements de candidat Président. Ainsi donc je devrai travailler 235 jours au lieu de 218 auparavant selon la loi qui vient d’être adoptée. Fort heureusement, je garde le bénéfice de mes week-ends et de mes jours de congés. L’affaire ne me coûte que mes jours fériés chômés payés et mes jours de RTT, qui constituaient le maigre retour des 60 à 70 heures par semaine que j’effectue pour conserver mon job.

Certes, je ne suis pas encore aussi omniprésent dans mon entreprise que vous l’êtes vous-même au service de notre pays. Votre engagement permanent sur l’événementiel aux quatre coins du monde est stupéfiant. J’apprécie personnellement, Français moyen il est vrai, le retour en famille et les heures que je consacre à mes enfants. Il m’arrive d’aller encore à la campagne où mes parents se sont retirés frileusement ; petites retraites obligent ! Mais nous espaçons ces visites à notre corps défendant : l’essence est devenue si chère ! le pouvoir d’achat si malheureusement stagnant… Grâce à vous, je vais travailler plus et gagner plus : 17 jours valorisés de 10%… Et pourquoi pas 25% ? Pourquoi donc cette discrimination, Monsieur le Président ? En quoi est-elle justifiée. Serais-je un paria, possesseur de je ne sais quelle situation privilégiée qui mérite le laminage par l’imposition et pour le reste à vivre la portion congrue ?
Monsieur le Président, il faut que je vous dise, combien je suis en désaccord avec ces nouvelles dispositions qui seront sans doute acceptées dans mon entreprise par le seul syndicat encore présent après la loi sur la représentativité. Je gage que le dialogue aura été en l’occurrence plus facile que par le passé. Sera-t-il aussi fructueux, aura-t-il meilleure consistance, dans l’avenir ?
Monsieur le Président, votre rythme des réformes me donne le tournis et il m’arrive de prioriser les thèmes alors qu’ils sont tous importants. Mais cette loi sur le temps de travail m’interpelle particulièrement et me semble totalement inutile, inique et plus frappée du sceau de la revanche que de l’analyse fondée.

Dans ces conditions, le senior que je serai dans quelque temps n’a qu’une hâte, c’est d’échapper à la pression et au stress des conditions de travail. Comment concilier cette envie avec une nécessité économique que je comprends bien par ailleurs, celle d’équilibrer nos régimes de retraite par répartition ?

Même si je n’en suis pas à reprendre un slogan bien connu « À bas les cadences infernales », « je vous écris cette lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps » pour exprimer à travers elle tout le malaise d’une population laborieuse qui souffre, fut-elle de l’encadrement.
CFE - CGC"

C'est vrai qu'à l'époque, l'hotel que j'avais à Dieppe me laissait une belle vue sur la plage... Là encore, cadre sympathique, mais encore ?

J'en parle souvent ici, je suis très sensible aux "conditions de travail", d'une manière générale. Aussi, je suis extrêmement gêné aux entournures lorsque je vois la manière dont est traitée la question du travail...

La mort des 35 heures, entend on ici ou là. En tant que jeune cadre, j'étais opposé aux 35 heures, parce que je les faisais en 3 jours... Et que mon salaire ne progressait pas. Et aujourd'hui, pour en finir avec celles ci, on me demanderait de les faire en 2,5 jours ?

Je ne suis pas un homme de gauche. Mais je me sens incroyablement mal à l'aise à droite en entendant les explications de Jean-Frédéric Poisson, le député UMP auteur de cette loi. Avec un sentiment très fort : cet homme a t'il un jour travaillé en entreprise ? Peut être, je ne le connais pas, mais sans doute pas dans celle que je connais.
"Négociation", peut il y avoir négociations sereines quand Bosch menace de licenciement et délocalisation ? Peut il y avoir négociation quand tout est déjà verrouillé et décidé ? Au final, peut il y avoir négociations quand les intérêts de chacun sont autant divergeant ?

Je suis archaique, peut être. Idéaliste aussi (gauchiste ? non quand même... si ? merde alors...). Mais pour moi, la voie exprimé, en son temps, par le Général de Gaulle, celle de la "participation", me semble vraiment pertinente. Car il n'est pas possible, plus possible, que le cadre, mais aussi le technicien, l'ouvrier, se sente pressé comme un citron et ne voit aucune récompense de son effort. Quand dans le même temps son Directeur Général se vante d'avoir offert une Audi TT à sa femme pour Noël.
C'est totalement populiste ce que je dis ? Sans doute. Mais ne pas respecter ce salarié qui travaille et qui produit, c'est tout sauf libéral. Etant un libéral, je suis énervé d'entendre des Serge Dassault ou autres tenir des propos qui ne sont pas libéral. Mais plus néo-soviétiques. Un soviétisme où le pouvoir et les richesses ne seraient plus tenus par une poignée de hauts dignitaires communistes, mais par les copains de Dassault.

De mon hôtel à Nogent Sur Seine, j'avais une belle vue sur la place du village aussi... Mais j'en avais gros sur le coeur quand je me connectais sur mon ordinateur portable. J'allais sur des blogs qui me sont aujourd'hui interdits, mais surtout sur ma messagerie professionnelle. La personnelle, remarquez, m'offrait parfois de bons moments. Sauf quand... Enfin, bon...

Il m'est difficile, en ce moment, de me satisfaire de la situation globale. Ce matin, j'écoutais le maire d'une petite ville de l'est, un chiraquien, soupirant devant la fermeture de sa base militaire, 6 mois après avoir perdu son tribunal d'instance. Avec ce sentiment que des pans entiers du territoire se verront désertifier par la main d'une politique dont je me demande où se trouve l'impact positive dans la vie individuelle et collective de chacun.

Des salariés qui voient leur pouvoir d'achat se réduire drastiquement et qui ont le moral dans les chaussettes, des cadres démotivés, un classe politique, droite comme gauche, décrédibilisés et qui semblent être à 1000 lieux des préoccupations, peut être basiques, de chacun...

En tant que cadre, mais surtout en tant que citoyen, je suis inquiet. En tant qu'homme de droite, je suis inquiet de voir que le dogmatisme et le sectarisme (le même qui a fait les beaux jours d'Aubry, Guigou et Jospin) sont maintenant les leviers de la politique actuelle.

Je suis inquiet tout simplement... Heureusement que la France est jolie... Mon ancien boulot m'aura ammené dans de beaux endroits... Et cela aura fait de jolies photos pour un triste billet...

vendredi 11 juillet 2008

A propos de la réforme du temps de travail : position de la CGC

les députés ont adopté un amendement qui porte de 218 à 235 jours le seuil maximal de jours de travail par an pour les cadres, soit cinq semaines de congés payés, mais sans les RTT. Beaucoup en ont parlé ici et là. Rien à dire de plus.

Simple copier-coller. Une fois n'est pas coutume, un tract que j'ai reçu de la CFE-CGC (syndicat auquel je paie tous les ans une cotisation de l'ordre de 150 euros, à epsilon près) :
"Salariés au forfait jours - Retour au siècle dernier

En proposant de fixer le plafond des forfaits jours à 235 jours, le gouvernement renvoie les salariés concernés au siècle dernier.
Cette limite correspond, en fait, à une année pleine (365 jours) de laquelle on retire les jours de congés (25), les samedis (52), les dimanches (52) et le 1er mai !
Que deviennent dès lors les congés d’ancienneté et les autres jours fériés ? Ces salariés pouvant travailler jusqu’à 13 heures par jour, seront-il sollicités de 8 heures à 21 heures les 24 et 31 décembre ?
L’augmentation relative de leur pouvoir d’achat – les jours travaillés au-delà de 218 jours ne seront majorés que de 10 % - suffira-t-elle à payer leurs médicaments anti-stress pas ou peu remboursés par la Sécurité sociale ou à supporter les frais de leur avocat chargé de leur
divorce ?
Pour la CFE-CGC, tout cela a assez duré ! Il est tant que le gouvernement se ressaisisse : trop, c’est trop !"
C'était la partie propagande. Venons en maintenant au modeste sentiment du Faucon...

Dans les archives de mes billets de 2004 à 2006, on peut lire des moments où le cadre moins jeune que j'étais supportait mal la situation professionnelle dans laquelle j'étais. Des RTT ? Oui, mais avec une réelle difficulté pour les prendre (sans compter une incitation plus ou moins forte comme quoi il était mieux vu de ne pas le prendre, ces jours de RTT).
Des jours de travail le samedi et le dimanche, des déplacements professionnels à voiture qui se faisaient la nuit pour ne pas empiéter sur le temps de travail. Payé 7 heures par jour, évidemment, mais un temps de travail qui le dépassait allègrement.

Résultat ? Mon pouvoir d'achat n'avait pas progressé d'un iota. Celui de ma direction, si. me demandant encore plus d'effort. Et préférant valoriser les maléables, les "amis", le "clan", comme dirait l'autre. Mon psychologue préféré se régalait à écouter la complainte du Faucon devant une situation qu'il ne maitrisait plus, et voyant sa santé se détériorer.

Finalement, j'en suis parti. Je pensais changer de métier. D'activité. Mais non. Je vais beaucoup mieux (merci), même si des fois c'est un peu difficile. Mais rien n'est simple. Et je suis conscient d'être un sacré privilégié. Un cadre heureux ? Je n'irai pas jusque là, mais j'ai des conditions de travail qui me permettent de relativiser certaines choses.

Et je pense à ceux qui se verront imposer de nouvelles conditions de travail encore plus rude. L'an passé, à cette même époque, les suicides en entreprise se multipliaient. J'attends la suite, avec crainte.

Demain, c'est le 12 Juillet. Le temps passe à une vitesse... Mais c'est un autre sujet.

dimanche 27 janvier 2008

Management par la rancune

C'est un article du Canard Enchainé, tendrement titré "le martyre de Carolis", qui m'a donné l'idée de ce billet. Petit frère du Management par la peur qui m'a donné l'honneur de l'excellent blog "Equilibre précaire", qui parvient toujours à me toucher.

Retour sur ma vie professionnelle, qui commence à être riche mine de rien, j'ai 30 ans déjà... Aout 2001. Je finis un CDD post - école d'ingénieur, pret à rentrer dans la "vraie vie". Un chargé d'affaire d'une société de Pierrelatte, filiale d'un grand groupe marseillais, me propose un obscur CDD d'ingénieur à Grenobles. Bureau d'études, dessin industriel, tout ce que je déteste, en plus d'une précarité, loin de chez moi... Poliment, je décline.
Le jour même, Marseille, le siège, m'appelle. Le Directeur Technique de ce groupe me propose un poste de rève pour le jeune ingénieur que je suis. Outre le fait que je vois les Calanques depuis mon bureau à deux pas de la mer, dans la ville de mon club de foot, le boulot est passionnant. Un siège national, un grand groupe, des perspectives de carrière géniale. Là, je dis oui. Emballé c'est pesé, je signe le jour d'un départ dans les Landes en camping, je commence le 1er Octobre 2001 (deux tours jumelles de moins), pas encore blessé du 12 Juillet 2002, et passant ma première nuit aux Bons Enfants, merci encore de ta fidélité.

Une première année professionnelle de rève. C'est dur, mais c'est passionant, enrichissant. Des conditions de travail superbes, un supérieur hiérarchique, mon Directeur Technique (maintenant un ami), génial. Certe un été difficile, mais c'est hors professionnel, et bon, passons, car l'automne qui arrivera et me mettra une petite falconette dans les pattes et dans le coeur efface toutes les douleurs estivales du scorpion. C'est chouette.

Et puis Février 2003, réorganisation. La Direction technique explose. Pierrelatte, la petite filiale, devient entreprise, et je suis "muté" administrativement là bas. Le chargé d'affaire que j'ai éconduit devient Directeur Général de cette société naissante. Et mes soutiens se font tous virer un à un. Changement de visage lorsque je suis physiquement muté, de force, à Pierrelatte en Janvier 2004. Je garde en mémoire la phrase qu'il m'a dit, dans ce sombre bureau, pour m'imposer mon rappatriement : "finalement, on travaillera ensemble...". Une phrase prononcée avec un sourire dont le souvenir continue à me glacer le sang : il me le ferait payer, ce crime de lèse - majesté : on ne met pas de rateaux à certaines personnes, sinon on le regrette... Et d'adjoint à Directeur Technique et Directeur Commercial, je deviens ingénieur lambda. Fini pour moi.

Ensuite ? "On" me le répète souvent : "le Directeur Général t'en veut, tu lui as dit non une fois, il ne l'a pas accepté", ou "tu travailles bien, mais Il t'en veut, tu sais...". Début de carrière avec avancement rapide, et depuis ça stagne. Je travaille plus, pour montrer que je suis quelque chose de bien, mais je gagne moins. Je suis bloqué, à cause d'un homme. Bien sur, certains jeunes voient que je deviens une proie facile, alors je rencontre des enculés. J'en garde un en tête. A qui j'en voudrais longtemps...
(Interlude sur le mauvais coté du Faucon : Je n'ai que trois personnes pour qui je ressens de la haine. Une que je ne connais personnellement pas, seulement des contacts par ICQ ou IRC. Vers qui je bascule cette haine qui me dévore, parce que je ne peux pas hair une personne que j'ai aimé avant, et que j'apprécie toujours malgré pleins de choses... La deuxieme est un jeune ingénieur que j'ai aidé, et qui m'a poignardé, pour arriver plus haut... Il le paiera celui là. Le troisieme est, fatalement, ce Directeur Général.)

Je n'étais rien, un simple ingénieur, pas une menace pour lui. Mais je lui ai dit "non" une fois. Cela ne méritait même pas un "pardon", car je n'ai trahis, ni insulté personne. Mais sa fierté ne m'a rien pardonné. Je me suis battu deux ans. Et décembre 2006, je suis parti.

Revenons au billet du Canard Enchainé du 16 Janvier 2008. Carolis est un chiraquien, mis en place par Chirac. Le billet est affligeant, de voir que la rancune, ce péché, est décidément un carburant de nos "puissants", Directeur Général ou Président de la République. "Comment le grand patron de France Télévision a t'il appris que l'Etat lui supprimerait la pub ? Tout simplement en regardant la télévision... Mairdi 8 Janvier, Carolis est planté devant son petit écran dans son bureau quand tombe l'annonce de Sarkozy. Il encaisse l'uppercut et lache groggy à ses proches "et ben ça promet pour la suite". (...) UN brin sadique, l'Elysée avait convié le chiraquien Carolis à la conférence de presse présidentielle. Une chance qu'il ait décliné l'invitation : il aurait essuyé le coup de bambou en direct, avec gros plan des caméras sur sa mine déconfite et forêt de micros à sa sortie"
A ce moment là de la lecture du Canard, je dodelinais la tête de gauche à droite, soupirant devant ce machiavélisme des "grands de ce monde" pour faire simplement "mal". Juste "mal", à ceux qui n'ont pas été de leur bord à un moment. Plus loin, l'article continue de parler des "mandales sur mandales" que Sarkozy balance à celui qui "n'est pas victime d'une destabilisation personnelle", mais visiblement la rancune a bonne contenance.

Je soupire souvent, en ce moment, devant ma petitesse et ma naiveté. Je pense que les compétences et la fidélité (en nos valeurs personnelles, en les personnes qui ont été importante pour nous...) sont des mamelles d'une réussite personnelle. Et je vois, en contemplant les exemples Sarkozy et Chirac, pour ne citer qu'eux, qu'en fait il faut trahir, et il faut aller au bout de ses haines, pour y arriver. Il faut "écraser l'autre", ne plus le laisser respirer, l'anéantir. Et à la personne qui nous a nourri, point de gratitude, simplement la politique du Brutus. Racune et trahison, parce que seul ça peut permettre de franchir des marches, des palliers.
Politique, professionnel, la rancune est un carburant. La peur aussi. La racune surtout.

Je n'ai pas aimé ce billet du Canard. Pourtant, il m'évoque des expériences passées, il me rappelle des souvenirs douloureux. Avec, pourtant, une certitude, même naive : la fidélité, la gratitude, et le travail au final, peuvent permettre de réussir. La racune ? J'ai tendance à imaginer que les quelques haines que j'ai sont plus un frein qu'autre chose... Passer outre, avancer. Et merde.
J'ai envie de penser qu'on peut réussir sans être un enculé et sans forcément avoir besoin de tuer "l'autre". Jusqu'à quand garderai je cet état d'esprit ?